Archive de la catégorie Afrique

PHENOMENE ENFANT SOLDAT, UN CERCLE VICIEUX A L’EST DE LA RDC.

EAD, une Association active dans la protection et défense des droits des enfants, décrit et l’analyse au quotidien de la situation de l’enfant à l’Est du pays.(RDC). 

Depuis bientôt plus de 4 ans , notre association Enfants pour l’Avenir et le Développement(EAD) est engagée par son savoir-faire dans la thématique protection de l’enfance, suite au phénomène alarmant « Enfant soldat » issue de succession des guerres et conflits au pays. 

L’Est, étant la partie la plus touchée, le phénomène y est devenu une monnaie courante. Ce cas de figure s’explique non seulement par  l’histoire marquée dans cette partie du pays, mais aussi par sa position géographique et économique. Ces enjeux sont à la base jusqu’à ces jours de tous les maux dans cette Région.  

Par ailleurs, elle a été (la région) un dépotoir de toutes les organisations évasives, soit simplement d’occupations ou dites des libérations de l’histoire du pays depuis 1996. Ces organisations ont eu par des moments besoin des effectifs en homme militaires pour atteindre leurs objectifs à intérêt non concret. Comme très souvent dans toute crise, naturelle,  un conflit politique ou militaire, sont les enfants et les femmes, les premières victimes, exposés à des violences ou viol, des enrôlements forcés dans des troupes, et d’autres exactions similaires. L’enfant de l’Est, vulnérable, n’avait pas été épargné de ces différents courants.Les conséquences ne se limitent pas seulement à ces groupes d’individus, graves sur le développement de la plupart des territoires, où les conséquences humanitaires deviennent très préoccupantes etc.Le climat serait  favorable à l’amorce d’une nouvelle phase en vue de la reconstruction et le rétablissement d’une paix durable dans cette partie du territoire national qui a porté, pendant plusieurs décennies, des stigmates des affres du mal. 

L’action qu’entreprend EAD dans ce contexte multidimensionnel, conjointement avec toutes les associations locale, internationale (UEPN-DDR, MONUC SPE, ADECO, SC,  ACOPE ET EAD, LPC, Unicef,) a consisté à un plaidoyer de sortir urgemment les enfants dans les rangs des groupes et forces armées.Une fois au CTO, Une série d’activités est mis en place, essentiellement de récupération psychologique,   focalisé sur l’écoute, l’orientation vers une vie civile en communauté, l’intérêt au retour à l’école, le remise en niveau d’éducation, etc.A la suite, une stratégie de retourner les enfants dans leur familles respectives après une prise en charges psychosociale de plus au moins 6 mois au sein d’une structure CTO (Centre transitoire d’Orientation).  

Mobilisées dans un focus commun pour un objectif « zéro enfants » dans les rangs des troupes, toutes les associations de protection de l’enfance généralement dans toutes les provinces de la République, et en particulier à l’Est, dans les grand nord, ont conjointement déployé les efforts avec les moyens de bord enfin d’atteindre presque à 80% de réduction de la présence des enfants dans les troupes armées. 

Actuellement, l’action de démobilisation semble ne pas avoir un impact mesurable plutôt  concret, à la suite de l’échec dans la phase suivante de réinsertion, qui rendrait l’action plus pérenne, et qui conduirait ainsi les sujets démobilisés à un désintéressement presque définitif au métier (armée ou mouvement militaire), c’est à dire un ré- recrutement éventuel. 

Les rapports de la plate forme de protection de l’enfance dans les grands Nord gérée par EAD dans les années antérieures, signalent qu’un nombre d’environs 800 enfants variant entre 8 et 16 en moyenne ont été démobilisés depuis l’année 2003 à 2008. La majorité avaient exprimé un besoin de réinsertion socio-économique et scolaire, chose qui reste jusqu’à nos jours un eternel débat, faute des moyens des décideurs dans la thématique.[1] 



 

Figure 1 Séance de sensibilisation de la communauté au Quartier Boikene au tour de la cohabitation pacifique avec les ex-EFGA dans le quartier. 

La conséquence majeure vécue en ce jour reste un retour en cascade à la vie initiale, celle de réintégrer les troupes armées pointées à la porte dans les régions, suite à l’oisiveté des ex- démobilisés particulièrement les enfants. C’est le cas dans les territoires et localités situés dans la région où opèrent les mouvements militaires insurgés plus actifs pour le moment.( mai-mai à Mbingi, vurondo, sud de lubero). 

La dernière enquête au cours du mois de janvier initié sur l’impact et le devenu des groupes démobilisés en 2005 , donne un résultat de presque 70% des mêmes sujets démobilisés qui restent en âge d’enfance, sont aujourd’hui vérifiés et confirmés par les équipes mixtes de vérification(UEPN-DDR, MONUC SPE, ADECO, SC,  ACOPE ET EAD, au centre de regroupement AMANI de Nyaleke à 7 kms de la ville de Beni. La majorité provient des mai-mai du Pareco qui se rendent volontairement dans ce meme camp de brassage. 

Figure 2. . Accueil des Ex-EAFGA au CTO par les autres enfants de la communauté, un bon signe d’acceptation de nouveau.  

Depuis le mois de février 2009, EAD, vient de mettre en place un Centre Transitoire d’Orientation, une structure installée  urgemment en vue d’accueillir  les ex-EAFGAs, devenus aujourd’hui des Eafgas en processus de démobilisation pour la ‘N’ième fois. Un cycle difficile à maitriser !Ce jour, un nombre de 23 ex EFGAs, sont présent au CTO, appuyé techniquement par notre partenaire Save the Children. La tendance est évolutive pour croitre le chiffre, suite à un retour volontaire des troupes insurgés dans les rangs des forces gouvernementales.Notre équipe sur le site de démobilisation a identifié un grand nombre d’enfant qui était passé dans nos CTOs les années antérieurs. Leurs témoignages, décrit le même parcours que celui, ci-haut analysé. 


 
Figure 3 Réception de literie au nouveau CTO, un appui de Save the children 

Loin d’un pessimisme intentionnel, l’avenir de l’action de démobilisation est sombre, dès lors que, la seconde phase tout en imaginant une bonne stratégie de retour à la vie civiles des ses enfants aussi pour leur future ne sera pas prise en compte. 

Figure 4 Leur premier repas au CTO 

Augustin VWALUMA

Président


[1] Rapport PFPE (plate forme de protection de l’enfant, dans le Grand Nord) 2006

Les enfants des rues pourchassés à Goma !

Passant outre l’avis des ONG de protection de l’enfance, le maire de Goma a pris il y a un mois une mesure d’éloignement des enfants de la rue dans une localité située à 15 km de Goma, à Kinyogote. Plus de 300 enfants âgés de 10 à 18 ans auraient ainsi été chassés du centre-ville. Les enfants des rues sont souvent des enfants délinquants, c’est un phénomène de survie, universel et inévitable dès lors qu’ils n’ont même pas la possibilité de manger à leur faim. Lire la suite de cet article »

RDC-RWANDA : bilan d’une action symbolique

— Dépêche IRIN (le service des nouvelles de l’ONU) du 3 mars 2009
La surprenante action militaire conjointe des deux armées des deux voisins jusque-là en froid, saluée comme un grand succès diplomatique, a conduit à l’arrestation du Général Nkunda et à l’auto-dissolution de ses forces armées du CNDP. Elle était aussi censée désarmer les groupes armés ex-génocidaires qui hantent la région en multipliant les exactions contre les populations depuis leur fuite du Rwanda en 1994 (avec l’aide de la France semble-t-il). Las, on apprend que les criminels impunis, qui n’avaient encore jamais été inquiétés pour leurs crimes mais qui vont devoir rendre des comptes, se sont juste disséminés un peu plus dans la région, au grand risque des populations.
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ONU – Conf. de presse de M. Alain Le ROY

Conférence de presse du secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy, a procédé devant la presse à un tour d’horizon de différentes situations dans des pays où sont déployées des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, mettant en particulier l’accent sur le Soudan, la République (RDC) et l’Afghanistan. Au Soudan, M. Le Roy a décrit un « cas de figure extrêmement difficile » avec la décision [attendue de] la Cour pénale internationale (CPI). En RDC, il a qualifié la situation d’« extrêmement instable ». Il a rappelé que le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, s’était rendu à Goma samedi dernier et à Kigali au Rwanda, et avait rencontré les Présidents Joseph Kabila et Paul Kagamé. C’est à la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC) d’aider le pays à achever les activités de désarmement et à rapatrier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a-t-il souligné, ajoutant : « Dans les faits, les FDLR n’ont pas mis fin à leurs activités, notamment dans l’est de la RDC », tout en se félicitant du « réchauffement des relations entre la RDC et le Rwanda ». [Lire le communiqué de presse complet]

Dans le grand Nord du Nord-Kivu

Réflexion sur le phénomène CNDP et sur la protection de l’enfance dans le grand Nord du Nord-Kivu

— Rapport d’étape - Région de Beni - [Carte PDF]
Dès les années 2005-2006 le CNDP du général rebelle Laurent Nkunda [voir Mémo] est actif, il en est de même en 2007, chose qui incite le gouvernement de la RD Congo à concevoir un plan de pacification du pays. Au 4e trimestre de l’an 2007 est lancée la conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et du Sud-Kivu. À l’issue de cette conférence c’est le programme AMANI qui est signé au 1er trimestre de l’an 2008 par tous les acteurs, tous les protagonistes actifs dans notre contrée : les FARDC à travers le gouvernement de la RDC, le CNDP et tous les groupes Maï-Maï existants. Comme impact de cette étape transitoire nous pouvons citer : Lire la suite de cet article »